RiviereKaz__MRC-Vallee-1 (1)

Protéger les écosystèmes forestiers exceptionnels

Saviez-vous que l’Outaouais possède 2 forêts rares, 11 forêts anciennes et 10 forêts refuges ? Ces écosystèmes forestiers exceptionnels (EFE) abritent une biodiversité unique. En catégorisant ces territoires, la mission du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parc (MFFP) est de protéger une faune et une flore sensibles à toute perturbation humaine ou naturelle, et d’en assurer la pérennité.

Petit retour dans le temps

Depuis le 19e siècle, les forêts québécoises ont été grandement altérées. Au cœur de la vallée du Saint-Laurent, l’urbanisation et l’agriculture ont laissé peu de place aux arbres. À travers le temps, les générations ont exploité les forêts de feuillus et de résineux « des territoires de l’Outaouais, du Témiscamingue, de la Mauricie et du Saguenay–Lac-Saint-Jean, notamment pour alimenter l’industrie forestière » (MFFP).

Afin de préserver la diversité biologique des écosystèmes, la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier permet d’attribuer à certains lieux l’appellation d’écosystème forestier exceptionnel depuis 2001. Depuis, 256 parcelles ont été classifiées comme telles dans la province. La moitié des EFE est située sur des terres privées, lesquelles occupent seulement 8 % du territoire québécois. L’autre moitié se retrouve sur des terres publiques, soit dans un parc, une réserve écologique ou une aire protégée.

Forêt rare, ancienne ou refuge ?

Les EFE sont classés en trois catégories. Les forêts rares « occupent un nombre restreint de sites et couvrent une superficie réduite » (MFFP). On se fie donc à leur rareté, non seulement à l’échelle provinciale, mais aussi sur des territoires plus petits. Par exemple, un peuplement de chênes rouges est commun dans le sud-ouest du Québec, mais il sera considéré rare en Gaspésie (MFFP).

Les forêts anciennes comptent de vieux arbres, dans un milieu peu altéré. On y trouve des spécimens vivants, morts ou en état de dégénérescence. Le sol est jonché de troncs en décomposition. Finalement, les forêts refuges abritent une ou plusieurs espèces végétales menacées ou vulnérables.

Protéger l’invisible

Ces écosystèmes particuliers recèlent des secrets bien à eux. Ils sont souvent encombrés d’arbres morts. Ces forêts ne sont pas forcément bucoliques et il est souvent difficile d’y tracer un chemin. Justement, les débris végétaux ne doivent pas être enlevés ; ils sont remplis de vie. Insectes, salamandres, champignons, lichens et microorganismes « se nourrissent, se cachent et se reproduisent » (MFFP).

Ce qui marque encore plus l’imaginaire, c’est qu’on estime que la moitié des espèces qui peuplent notre territoire sont encore inconnues ! En préservant les EFE, on favorise la protection d’espèces invisibles, non identifiées et dont on ne soupçonne même pas l’existence.

Qu’est-ce qui est permis ?

Dans les EFE, toute activité d’aménagement forestier est interdite. Par contre, la mise en valeur de l’écosystème « à des fins récréatives, d’éducation et de recherche » peut être autorisée, à condition que son caractère exceptionnel soit assuré (MFFP). Étant localisés sur des terres publiques et privées, la protection des EFE passe inévitablement par l’implication des propriétaires, des gestionnaires et des utilisateurs du milieu forestier.

En Outaouais

Forêt ancienne des Îles-de-l’Indien-et-des-Cyprès, forêt rare des Méandres-de-la-Rivière-Noire ou forêt refuge de la Rivière-Kazabazua : apprenez-en plus sur les lieux exceptionnels de la région en cliquant sur la fiche attribuée à chaque EFE !

 Sources :

 Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Les écosystèmes forestiers exceptionnels du Québec

EFE classés depuis 2002

 En lire plus sur le sujet : Forêts canadiennes sous la loupe