La relance de l’économie du Québec passe par l’industrie forestière

Comme l’a exprimé l’Alliance forêt boréale, la Conférence des préfets de l’Outaouais et Collectif Bois expriment également leur surprise de constater que dans le plan de relance économique du gouvernement, présenté par le président du Conseil du Trésor et le ministre des Finances le 3 juin dernier, l’industrie forestière est complètement absente, et réclament donc des mesures immédiates.

« La fermeture de l’usine Fortress en octobre dernier et la pandémie au COVID-19 ont déstructuré la chaîne des approvisionnements en bois des usines de 1ère transformation en Outaouais, explique Viateur Girard, président du Collectif Bois. Les effets de cette crise sont dévastateurs pour les travailleurs et les entreprises de notre industrie : pertes d’emplois, hausse du coût du bois, pression sur les liquidités. Nos entreprises se retrouvent avec de grands défis à relever notamment sur le plan de la compétitivité des approvisionnements en bois. Nos entreprises ont besoin du soutien du gouvernement du Québec pour relever ces défis. »

L’industrie forestière demeure le poumon des régions et assure la survie et la vitalité de 225 villes et villages du Québec, soit une communauté sur cinq, et plus de 62 000 emplois directs.
En Outaouais, l’industrie de la transformation du bois est toujours bien présente avec plus d’une centaine d’entreprises qui fabriquent des produits modernes et novateurs, qui emploient plus de 2 700 travailleurs et qui versent annuellement près de 130 M $ en salaires.

La Conférence des préfets de l’Outaouais et Collectif Bois interpellent le ministre responsable de la région de l’Outaouais, M. Mathieu Lacombe, afin qu’il incite le Premier ministre, M. François Legault, à venir en aide à l’industrie forestière. À cet effet, deux demandes sont formulées:

1. Soutenir financièrement la structure industrielle et entrepreneuriale de l’industrie forestière afin de la préserver

L’industrie du bois en Outaouais est en mesure d’apporter une grande contribution à la reprise de l’activité économique dans les communautés de la région. Pour ce faire, notre industrie a besoin du soutien du gouvernement du Québec pour relever deux défis prioritaires : trouver des preneurs pour les bois de pâtes de feuillus durs et améliorer la compétitivité des approvisionnements en bois. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement du Québec de poursuivre ses efforts afin de trouver un repreneur pour l’usine de cellulose située à Thurso, d’ajuster son soutien financier pour aider les entreprises forestières à trouver des preneurs pour les bois de pâte feuillus, et d’accélérer la réalisation des actions prioritaires inscrites au rapport de la Cellule d’intervention Outaouais-Laurentides.

2. Apporter une amélioration structurelle au régime forestier

Depuis l’entrée en vigueur du régime forestier en 2013, plusieurs difficultés de sa mise en oeuvre ont été identifiées, ce qui nuit à l’efficience et à la rentabilité des opérations de notre industrie forestière.

Les industriels et les entrepreneurs forestiers doivent composer avec un environnement qui comporte son lot d’incertitudes : conditions de terrain, conditions météo, conditions de
marché, autres. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement du Québec de revoir ses processus de planification forestière afin de donner aux intervenants forestiers plus de
flexibilité, d’agilité et de marge de manoeuvre pour améliorer leur compétitivité. Enfin, l’aménagement de la forêt mixte de l’Outaouais comporte de grands défis dans le
contexte du régime forestier actuellement en vigueur au Québec. Les efforts à déployer pour la planification, l’orchestration et la récolte des bois affectent grandement la compétitivité
des approvisionnements en bois. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement du Québec, en partenariat avec l’industrie forestière, de réaliser un projet pilote sur le territoire
forestier de l’Outaouais afin de développer des outils de gestion et d’intervention forestière mieux adaptés à la forêt de notre région.