La prouesse des Cageux d’antan

L’industrie du bois au Canada comme un peu partout dans le monde, a été un moment d’envergure dans l’histoire. Utilisé comme moyen pour se réchauffer durant l’extrême froid des hivers, le bois a aussi été la base d’une conquête navale, particulièrement de l’Angleterre qui s’en procurait au Canada.

C’est dans cet élan qu’est né en Outaouais le métier de cageux ou raftmen en anglais (raft signifie radeau en Français), issu de la pratique de la cage. D’après l’article d’Éliane Labastrou intitulé Les Cageux, ces voyageurs intrépides du XIXe siècle, « les cages guidées par des pilotes expérimentés descendaient l’Outaouais et le Saint-Laurent en franchissant des chutes, des rapides et de multiples autres écueils, pour arriver, par ces deux voies, à Montréal, d’où̀ elles étaient acheminées par le Saint-Laurent vers Québec. »

À la découverte des cageux

Les cageux étaient des Canadiens Français et Amérindiens qui avaient le mandat de diriger les cages de l’Outaouais jusqu’à Québec avec des méthodes féodales, comme l’utilisation de longues perches qu’ils piquaient au fond de l’eau. Ces voyages longs et périlleux mettaient la vie des cageux en danger, car en dirigeant des cages qui mesuraient de 197 pi (60 m) à 5350 pi (1,6 km), ces derniers devaient adopter diverses manœuvres (désassembler et rassembler les cages) selon les conditions de navigation. C’est la raison pour laquelle ils pouvaient constituer des équipes de vingt à cent personnes, organisées en quarts de jours et de nuits.

Dans cette histoire héroïque de l’industrie du bois au Québec, il est à noter la place remarquable de l’Outaouais qui, au XIXe siècle, était considéré comme le plus gros chantier de bois au monde avec plus de 8000 travailleurs forestiers. De même, il a été le lieu de navigation de la première cage de bois surnommée Columbo, créé par Philemon Wright en 1806 ; c’est un devoir d’histoire de s’en souvenir.

Source :  C.W. Jefferys, The Picture Gallery of Canadian History, Toronto, The Ryerson Press, vol. 2, p. 103.

Pour en lire plus sur le patrimoine en Outaouais: www.collectifbois.ca/lindustrie-du-bois-patrimoine-de-loutaouais/